Angola : João Lourenço met en avant le rôle diplomatique de son pays dans les crises africaines

Le président angolais a réaffirmé, le 15 octobre 2026, l’engagement de Luanda en faveur de la paix en Afrique, notamment dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), en République centrafricaine et au Soudan. Devant l’Assemblée nationale, il a également évoqué le renforcement des partenariats internationaux et les résultats économiques obtenus sous la présidence angolaise de l’Union africaine en 2025.

L’Angola entend consolider sa place sur la scène internationale en privilégiant la diplomatie, le dialogue et la médiation dans le règlement des conflits africains. C’est le message défendu par le président João Lourenço dans son discours sur l’état de la nation, prononcé jeudi 15 octobre 2026 devant l’Assemblée nationale, à Luanda.

Le chef de l’État a présenté la promotion de la paix, le respect de la Charte des Nations unies et la défense du droit international comme les principaux fondements de l’action diplomatique de son pays. Il a notamment mis en avant les initiatives engagées pour contribuer au règlement des crises qui affectent plusieurs régions du continent.

L’est de la RDC au cœur des efforts de médiation

Parmi les dossiers évoqués figure la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo, où le conflit impliquant notamment le mouvement armé M23 continue de représenter un défi majeur pour la stabilité régionale.

João Lourenço a rappelé les démarches entreprises pendant le mandat de l’Angola à la tête de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Selon lui, Luanda a multiplié les initiatives en faveur de la pacification de l’est de la RDC, mais également en République centrafricaine, au Soudan et au Soudan du Sud, en coordination avec l’Union africaine.

« Nous avons déployé tous les efforts possibles pour la pacification de l’est de la République démocratique du Congo, de la République centrafricaine, du Soudan et du Soudan du Sud », a déclaré le président angolais.

Il a également souligné que les mécanismes destinés à mettre en œuvre les solutions envisagées avaient été établis et réaffirmés lors de la 19ᵉ session du Comité interministériel de la CIRGL, tenue à Kinshasa.

Dans le cadre de ces initiatives, João Lourenço est revenu sur l’accord de cessez-le-feu signé en juillet 2024 sous la médiation directe du gouvernement angolais. Il a également évoqué la proposition approuvée par l’Assemblée nationale angolaise visant à envoyer un contingent des Forces armées angolaises pour apporter un soutien logistique et contribuer au respect des mécanismes de désarmement et de cantonnement du M23 prévus dans le cadre du processus de Luanda.

De la présidence de l’Union africaine à l’accord de Washington

L’année 2025 a constitué une autre étape de l’engagement diplomatique de Luanda, avec la première présidence angolaise de l’Union africaine.

Durant ce mandat, la crise dans l’est de la RDC a figuré parmi les priorités annoncées par les autorités angolaises. Toutefois, compte tenu de la complexité du dossier et de la durée limitée de la présidence, la médiation a été confiée au président du Conseil de la République togolaise, a expliqué João Lourenço.

L’Angola a néanmoins continué à prendre part aux initiatives diplomatiques visant à rapprocher Kinshasa et Kigali. Le président angolais a notamment rappelé son invitation à participer, en décembre 2025, à la cérémonie de signature de l’accord de Washington entre la RDC et le Rwanda, à l’initiative du président américain.

À cette occasion, João Lourenço avait insisté sur la nécessité de traduire les engagements politiques en mesures concrètes afin de mettre fin à un conflit qui provoque des pertes humaines et entretient l’instabilité dans la région des Grands Lacs.

« Il est facile de signer un accord ; le plus difficile, mais possible, est de le mettre en œuvre », a-t-il rappelé, estimant que l’évolution de la situation, près de dix mois après la signature, confirmait les préoccupations exprimées à l’époque.

Cette déclaration souligne l’un des principaux enjeux des processus de paix dans la région : assurer le respect effectif des engagements pris par les parties et parvenir à une désescalade durable sur le terrain.

Le rayonnement international et les partenariats économiques

Au-delà des crises sécuritaires, João Lourenço a également mis en avant la progression de la visibilité internationale de l’Angola. Il a cité les visites de personnalités de haut niveau venues d’Afrique, d’Europe, d’Asie, d’Amérique latine et du Moyen-Orient, ainsi que la capacité de Luanda à accueillir des événements internationaux majeurs.

Le président angolais a notamment évoqué la visite de l’ancien président américain Joe Biden, qu’il a présentée comme la première visite d’un président des États-Unis en Angola. Selon lui, ces échanges diplomatiques ont contribué à renforcer les relations extérieures du pays et à mobiliser des financements pour des projets stratégiques, dont le corridor de Lobito.

Ce corridor ferroviaire, destiné à faciliter le transport des marchandises et des ressources minières entre l’intérieur de l’Afrique australe et la façade atlantique, constitue un axe important des ambitions angolaises en matière de connectivité et d’intégration économique régionale.

Le chef de l’État a également souligné la portée symbolique et religieuse de la visite de trois jours du pape Léon XIV en Angola, qu’il a présentée comme une première dans l’histoire des relations entre le souverain pontife et le pays. Cette visite, inscrite dans le cadre de son premier voyage apostolique en Afrique, a également illustré, selon João Lourenço, le renforcement des relations entre Luanda et le Vatican.

Infrastructures et développement économique comme priorités

Revenant sur son passage à la tête de l’Union africaine, le président angolais a indiqué que les infrastructures et le développement économique avaient constitué les principaux axes du leadership de son pays.

Il a mis en avant les efforts de mobilisation de capitaux, d’amélioration de la connectivité et de transfert des ressources essentielles, présentés comme des résultats concrets de cette présidence.

Pour Luanda, ces priorités économiques complètent les initiatives diplomatiques en faveur de la paix. Le développement des infrastructures régionales, l’amélioration des échanges commerciaux et la mobilisation des investissements sont considérés comme des leviers susceptibles de renforcer les liens entre les pays africains.

À travers ce bilan, João Lourenço a ainsi défendu une diplomatie angolaise articulée autour de deux objectifs : contribuer au règlement des conflits sur le continent et accroître la place de son pays dans les partenariats politiques et économiques internationaux.

Reste que, dans l’est de la RDC comme dans les autres zones de crise évoquées, la portée de ces initiatives dépendra notamment de la mise en œuvre des accords, du respect des engagements par les parties concernées et de la capacité des mécanismes régionaux et internationaux à soutenir durablement les processus de paix.

Congo365

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