
Muhindo Nzangi sous la menace d’une destitution, il est visé par une motion de défiance pour un détournement présumé de 57 millions de dollars.
Le torchon brûle à l’Assemblée nationale. Une motion de défiance visant le ministre d’État en charge de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi, a été déposée ce vendredi 23 octobre sur le bureau de la chambre basse.
À l’origine de l’offensive, une élue de Kinshasa qui ne lâche rien. La députée nationale Hermione Bolumbe Bakando, élue de Mont-Amba, accuse le membre du gouvernement Suminwa d’être au cœur d’un détournement présumé de 57 millions de dollars.
La somme, octroyée par la Banque africaine de développement (#BAD), devait financer le Projet d’entrepreneuriat des jeunes dans l’agriculture et l’agro-business (PEJAB), un programme phare censé offrir des perspectives à la jeunesse congolaise dans un secteur vital.
Un dossier qu’elle porte depuis des mois. Interpellé mercredi en plénière, Muhindo Nzangi avait tenté d’éteindre l’incendie. Devant les députés, il avait assuré que les fonds restaient disponibles et étaient décaissés progressivement. Selon lui, 1 107 jeunes auraient déjà bénéficié d’un financement.
Des explications qui n’ont pas convaincu Hermione Bolumbe. Bien au contraire.
Pour la députée, l’affaire est connue au plus haut sommet de l’État. Dans une déclaration reprise par Actualite.cd, elle affirme que le directeur de cabinet du chef de l’État avait alerté bien en amont.
«Le directeur du cabinet du chef de l’État a fait une note bien avant pour alerter le ministre [Muhindo Nzangi] qu’il y avait détournement de 57 millions de dollars», soutient-elle.
Une accusation explosive qui, si elle est avérée, changerait la nature du dossier. Ce ne serait plus une simple affaire de mauvaise gestion, mais un manquement persistant malgré une alerte de la Présidence.
Désormais, le sort de Muhindo Nzangi est entre les mains de ses pairs. La motion, si elle réunit les signatures requises, devra être examinée en plénière. Le ministre sera alors contraint de se défendre à nouveau, cette fois sous la menace d’une destitution.
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