Pétrole à Muanda : la Corap exige la publication de l’audit environnemental des activités de Perenco

Dans un communiqué publié le 28 octobre 2026, la plateforme a dénoncé le manque de transparence autour de cet audit, en cours depuis plus de deux ans, et a réclamé des mesures concrètes pour protéger les communautés locales et réparer les préjudices environnementaux.

La Coalition des organisations de la Société civile pour le suivi des réformes et de l’action publique (Corap) a appelé le Gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) à publier sans délai les résultats de l’audit environnemental des activités pétrolières de Perenco à Muanda, dans la province du Kongo Central. À l’occasion de la Semaine du climat en RDC, ce regroupement d’ONG a rappelé que la lutte contre les changements climatiques doit s’accompagner d’une gouvernance transparente des ressources naturelles. Elle a interpellé particulièrement le ministère des Hydrocarbures, qui, selon son communiqué, s’était engagé à rendre publics les résultats de l’audit, sans qu’une publication officielle ni un calendrier précis n’aient été communiqués à ce jour.

Des communautés confrontées à des difficultés environnementales et sociales

Dans son rapport intitulé « Kinkazi, village sacrifié : impacts sociaux et environnementaux de l’exploitation pétrolière à Muanda en RDC », réalisé avec le CAADD et IDEL, la Corap a mis en évidence les difficultés auxquelles seraient confrontées les communautés riveraines de l’exploitation pétrolière.

Le rapport a notamment évoqué la pollution des terres et des eaux, la raréfaction de l’eau potable, la dégradation de l’environnement et la marginalisation économique des populations. « Malgré plusieurs décennies d’exploitation pétrolière, les promesses de développement faites aux habitants de Muanda resteraient largement insatisfaites« , selon l’organisation.

La Corap a estimé que cette situation fragilise les moyens de subsistance des communautés et a appelé les autorités nationales et provinciales à assumer pleinement leurs responsabilités.

Un manque de données publiques qui alimente les inquiétudes

Le communiqué de la Corap a également fait référence aux préoccupations soulevées par Human Rights Watch concernant les activités pétrolières à Muanda. Selon la plateforme, ces préoccupations portent notamment sur la proximité de certains sites de torchage avec les habitations, le brûlage de déchets pétroliers et des témoignages de riverains faisant état de problèmes de santé aggravés.

La Corap a aussi souligné le manque de transparence concernant les données de mesure de la pollution détenues par Perenco et les autorités publiques. Elle a considéré que la publication de ces données, ainsi que des résultats de l’audit, est indispensable pour permettre une évaluation indépendante des impacts environnementaux.

« En l’absence de données accessibles, Perenco conteste les conclusions attribuant à ses activités des effets néfastes sur l’environnement et la santé« ,  a rappelé la Corap dans son communiqué.

La transparence des négociations financières également exigée

Au-delà de l’audit environnemental, la Corap a dit aussi s’inquiéter de l’opacité entourant les négociations financières avec l’entreprise pétrolière, notamment celles liées à ses obligations fiscales.

Pour le regroupement d’ONG, aucun accord financier ne peut remplacer la transparence environnementale, la responsabilité de l’État et la réparation des préjudices établis. Il a, par ailleurs, demandé que les montants réclamés, les éventuelles concessions accordées et les sommes effectivement recouvrées soient rendus publics.

Six exigences adressées au Gouvernement

Pour sortir de cette situation, la Corap a formulé plusieurs demandes à l’endroit du Gouvernement et du ministère des Hydrocarbures. Elle a notamment réclamé la publication intégrale des documents de l’audit environnemental, y compris les rapports intermédiaires et leurs annexes ; l’accès public aux données de suivi de la pollution de l’air et des sols détenues par Perenco et les services publics concernés ; la communication des mesures correctives prévues, avec un calendrier précis de mise en œuvre et de suivi ; la transparence des négociations et des accords financiers conclus avec Perenco ; un suivi indépendant et régulier de la qualité de l’air, de l’eau et des sols ; ainsi que la dépollution des sites, la restauration des milieux affectés et la réparation des préjudices établis, aux frais de l’entreprise responsable et avec la participation effective des communautés concernées.

Muanda, un test pour la gouvernance des ressources naturelles

Pour la Corap, la situation de Muanda constitue un test majeur de la gouvernance des ressources naturelles en RDC. La plateforme a estimé que les richesses pétrolières ne peuvent justifier la mise en péril des droits, de la santé et des moyens de subsistance des populations.

Elle en a ainsi appelé les autorités à faire primer l’intérêt public sur les arrangements conclus à huis clos et à garantir aux communautés concernées l’accès à la vérité, à la justice et à la réparation.

La Corap a conclu que la transparence n’est pas une faveur, mais une obligation de bonne gouvernance. Elle a dit désormais attendre du Gouvernement des actes concrets, notamment la publication de l’audit environnemental et la mise en œuvre de mesures destinées à protéger les populations de Muanda.

LDM

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