
Dans un communiqué du 30 octobre 2026, la Fondation Bill Clinton pour la paix (FBCP) a sollicité du Gouvernement congolais, à travers le ministre d’État en charge de la Justice, de prendre également des mesures urgentes en faveur du désengorgement de la prison militaire de Ndolo. « Alors que la suspension de l’admission de nouveaux détenus à la prison centrale de Makala est en vigueur, la prison militaire de Ndolo continue d’accueillir de nouveaux détenus préventifs« , a indiqué cette organisation de défense des droits de l’homme, dans le communiqué signé par Emmanuel Adu Cole, son président.
Cette ONG a, en effet, rappelé que la prison militaire de Ndolo, qui était autrefois abandonnée, a été réhabilitée par le gouvernement du Pays Bas, à travers son Ambassade à Kinshasa, pour une capacité d’accueil de 660 personnes. Aujourd’hui, a fait savoir la FBCP, elle fait, elle aussi, face à un grave problème de surpopulation carcérale. « Le nombre de détenus dépasserait actuellement 2 600 personnes« , a-t-elle indiqué.
Une visite instructive à la prison militaire de Ndolo
La FBCP a indiqué avoir rencontré, le 29 octobre 2026 à 13 heures, lors de la visite de sa délégation dans cette institution carcérale, deux (2) détenus préventifs: M. Norbert Luyeye, président de l’Union républicaine (UR), un parti politique de l’opposition, qui aurait été enlevé par la Garde républicaine en novembre 2024, après une conférence de presse sur l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, ainsi que le Général Justin Kalekuzi Songambele, arrêté le 22 mai 2019 pour occupation illégale d’un terrain ou d’une parcelle, « une infraction pour laquelle sa condamnation n’aurait pas dû dépasser une année« , et dont le dossier sous PRJ N° 049/021 du 8 août 2022 aurait également disparu à la Cour de cassation.
Mais, citant Norbert Luyeye, la FBCP a indiqué ce dernier, malgré sa situation irrégulière, est bien traité au sein de la prison par le directeur de l’établissement. « Toutefois, il a fait état d’une surpopulation carcérale devenue préoccupante. Il n’y aurait plus suffisamment de place pour accueillir de nouveaux détenus« , a indiqué cette organisation.
« À titre d’exemple, lors de notre visite, nous avons constaté que plus de dix détenus étaient arrivés à la prison militaire de Ndolo, le 29 mai 2026 vers 14 heures. Nos enquêtes font également état du fait que, malgré les nombreuses grâces présidentielles accordées par Son Excellence Monsieur le Président de la RDC, la prison militaire de Ndolo demeure confrontée à de graves difficultés et semble avoir été oubliée« , a poursuivi la FBCP.
L’ONG à également dit profiter de cette occasion pour dénoncer les mauvais traitements infligés à son président, Emmanuel Adu Cole, lors d’une de leurs visites à la prison militaire de Ndolo. « Les femmes chargées du contrôle des visites l’auraient humilié et auraient usé de la force pour le faire sortir, alors que les cinq minutes accordées au visiteur n’étaient pas encore écoulées« , a précisé l’ONG.
« Pire encore, son appareil d’enregistrement, communément appelé +big+, aurait été confisqué afin de l’empêcher de prendre des notes« , a insisté cette organisation.
La FBCP, qui a fait savoir que le directeur de la prison militaire de Ndolo n’était sur place, lors de ces événements décriés, à admis lui avoir transmis un rapport sur ces faits et à informé l’opinion que, conformément aux principes relatifs à la protection des défenseurs des droits de l’homme, un défenseur des droits humains exerçant son travail sur le terrain ne devrait pas être arrêté, intimidé ou inquiété dans l’exercice de sa mission légitime.
« Nous demandons au ministre d’État, ministre de la Justice, M. Guillaume Ngefa, de tout mettre en œuvre afin que les tracasseries de toutes sortes à l’encontre des visiteurs, des avocats, des défenseurs des droits humains et des autres acteurs de la société civile cessent dans les prisons, les cachots des parquets, les +amigos+ de la police et autres lieux de détention« , a noté la FBCP qui a également demandé que des mesures urgentes de désengorgement soient prises en faveur de la prison militaire de Ndolo ainsi que de l’ensemble des établissements pénitentiaires du pays.
LDM