Pépé Bipoli est considéré comme l’un des pionniers de l’orchestre Viva La Musica de Papa Wemba, il était surnommé « Sandonka, Nafulu, Mfumu Ntaku, Tshando « . C’était une personne triple aimable, amicale et amusante.
De son vrai nom Pedro Amadores Nkosi Guimaraes, il est issu d’une famille aisée d’origine angolaise. Il grandit dans la commune de Ndjili à Kinshasa, il a un parcours scolaire très court, c’est un élève intelligent mais indiscipliné du Collège Pie XII (Bonsomi), il rate sa scolarité et s’intéresse très vite à la musique.
Il fait ses premières armes dans un groupe de quartier 1, l’orchestre « Sotoka Way » sur l’avenue Songi n° 46 au quartier 1 dans la commune de Ndjili. Trois ans après, il crée sa propre formation, « Isoto l’Acadamie », avec comme musiciens Maray Maray, Spraya, Micha, etc.
Mais c’est dans Viva La Musica en 1977, qu’il explose réellement, faisant partie de la première ossature du groupe, avec les chanteurs Jadot Le Cambodgien, Petit Aziza et Espérant Djenga Ka Kisangani. Ses performances scéniques sont de véritables spectacles : il est alors au top de sa carrière et enchaîne le succès. Sa chanson « Zengo Luzizila », a marqué les esprits lors de la prestation de Viva La Musica en 1977 à la télévision. Mais un autre pan de son parcours est ignoré : il a aussi joué dans un orchestre du quartier Yolo-Sud, dans la commune de Kalamu avec Dodo Munoko.
C’est grâce à son aîné du quartier N’djili , le vieux Pascal, un ancien chauffeur de Papa Wemba, que Bipoli na Fulu doit son entrée dans Viva La Musica. Papa Wemba vient de créer son groupe, il a besoin d’un chanteur tapageur, bête de scène qui a un potentiel scénique équivalent à Mbuta Mashakado et Evoloko. Mr. Pascal souffle à Papa Wemba le nom de Pépé Bipoli. Il n’est pas un inconnu dans le monde musical, ses voisins de l’école à Saint-Anne furent Koffi Olomidé et Émile Soki. Papa Wemba connaissait déjà Bipoli, qui était son condisciple à l’école Pigier avec Evoloko. Sa grande sœur était leur professeure.
En plein succès dans les années 80, il quitte Papa Wemba, avec Espérant Kisangani, Jadot le Cambodgien, pour créer « Karawa Musica ». Malgré leurs talents, Jadot, Espérant et Bipoli ne tiennent pas le coup, maigre succès, leur aventure ne vit que l’espace d’un matin (moins de six mois). Les trois dissidents regagnent leur corps d’origine : Viva La Musica.
Papa Wemba, au sommet de sa gloire, subit sa première grande scission ( le départ en masse d’une douzaine de musiciens). En tête de la fronde, Pépé Bipoli et Kester Emeneya, ils quittent Viva La Musica et créent Victoria Eleison. Ils installent leur quartier général sur l’avenue Commercial au quartier 7 dans la commune de Ndjili (juste à côté de la parcelle familiale de Bipoli). Mais le même sort dévastateur s’abat sur le nouveau groupe : un conflit éclate entre Bipoli et son ami King Kester. Mis en minorité par le groupe qui lui préfère King Kester en raison de moyens financiers que lui fournit Verkys Kiamuagana, Bipoli est lâché. Il crée Victoria principal, la mayonnaise ne prend pas. Déçu, en 1985, il s’installe en France , il essaie une carrière solo, mais la chance lui tourne définitivement le dos.
Très bon père de famille, Bipoli confie à la presse et à ses proches qu’il souffre de cancer, et qu’il livre son dernier combat entouré de ses trois enfants.
Le 1er octobre 2017, l’artiste musicien Bipoli na Fulu décède dans la région parisienne. Rapatrié le 9 octobre à Kinshasa, il est inhumé avec tous les honneurs. Il laisse une riche discographie ( Bosey 1er, Kapangala, Amisi Clara, etc).
Avec Jean-Claude Mombong Mass (tiré de sa page Facebook)